Paul Laurendeau, linguiste, sociolinguiste, philosophe du langage

LAURENDEAU 2004C

LAURENDEAU, P. (2004c), « L’actantialité de l’adjectif verbal d’origine gérondive dans deux vernaculaires du français », FRANÇOIS, J. dir., L’adjectif en français et à travers les langues – Actes du Colloque international de Caen, 28-30 juin 2001, Presses Universitaires de Caen, pp 53-70.
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Teofilo. De grâce maître, laissons cette rigueur grammaticale et venons en au fait.

Giordano Bruno, Le banquet des cendres, Éditions de l’Éclat, Collection philosophie imaginaire, p. 18.

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Il est ici question de la classe de l’adjectif dans son point de contact avec la classe du verbe. En rapprochant ces deux classes de mots, nous cherchons à explorer la transcatégorialité comme fait sémantico-énonciatif profond, et cela nous amène inévitablement à procéder à l’inextinguible remise en question des classes de mots. Mais nous ne nous en prenons, dans les classes de mots, qu’à leur rigidité execssive, héritage et avatar d’un rêve de rigueur grammaticale devenu nuisible à la description la plus élémentaire des faits linguistiques (voir la critique du morphologisme, formulée dans Laurendeau 2000b: 282-283). Dans le même ordre d’idées, nous considérons que le schéma actantiel n’est pas une exclusivité du verbe, mais bien une caractéristique de tout processus impliquant un faire transformateur au sens le plus large du terme. On avance donc qu’un verbe comme sembler ne mobilise pas un schéma actantiel, mais un schéma modal, mais que, d’autre part, des noms comme clef ou pistolet, des adjectifs comme cassé ou lavable mobilisent de plein pied l’actantialité. La réflexion s’amorce donc sur une investigation des catégories sémantiques marquées par la combinaison syntaxique (phrastique ou syntagmatique) de l’adjectif verbal issu d’un gérondif. Une soupe brûlante est une soupe qui brûlerait possiblement celui qui la mange, une soirée dansante est une soirée où l’on danse nécessairement. En dépit de cette distinction modale, on serait tenté, en analysant le chose superficiellement, d’assigner une base commune à la valeur référentielle des deux têtes de syntagmes. En termes très généraux, ce serait dans les deux cas quelquechose comme une notion stabilisée (Laurendeau 1999: 430-434) qualifiée par une seconde notion, dévidée de toute nature verbale. La tendance est en effet de voir, dans l’adjectif verbal d’origine gérondive, un qualifiant simple, ne conservant de son origine verbale que la valeur aspectuelle d’inaccompli (comparer soupe brûlante avec soupe brûlée, cf Mellet 1996: 40-41 sur cette question du « signifié aspectuel »). Pourtant ici, la soupe est l’agent (Laurendeau 2000a: 303-304), unique source possible du processus de brûlure, tandis que la soirée est plutôt le point de localisation spatio-temporelle d’une action de danser due à des acteurs multiples et distincts de la source. Malgré une combinatoire identique des formes, le schéma actantiel mis en place est totalement différent. Cela n’est pas sans conséquences syntactico-sémantiques. Une soupe très brûlante, *une soirée très dansante confirment, si nécessaire, qu’on a bien affaire ici au problème de l’actantialité d’un adjectif verbal qui pourtant, dans les deux cas, s’accorde et ne se conjugue plus.

Une fois ouvert ce problème complexe de l’actantialité de l’adjectif verbal d’origine gérondive, la question de la variation sociolinguistique des idiomes français s’y ajoute et l’enrichit. Comparons les deux citations suivantes:

On est resté à parler, on n’a rien regretté. On n’avait pas d’argent, pi y paraît qu’c’est payant.

Renaud SÉCHAN, Mistral gagnant, Le Seuil, coll. Inédit Virgule, 1986, pp 170-171.

Au fond sa grande raison d’être réside dans son revenu: c’est une profession payante.

Jacques FERRON, Escarmouches – la longue passe, Leméac, coll. Indépendances, 1975, p 327.

Le barde français évoque une visite chez les prostituées n’ayant pas eu lieu. Le conteur québécois parle de la raison d’être de la médecine. Il est clair d’après ces exemples que l’adjectif verbal payant/e n’a pas la même orientation actantielle dans les deux énoncés. Dans le texte de Renaud, il donne la tête du syntagme ou de la prédication comme marquant la notion référant à ce qui engendre une dépense (ou, en termes actantiels: ce qui fait payer un acteur, cp coûteux). Dans le texte de Ferron, il donne la tête du syntagme ou de la prédication comme marquant la notion référant à ce qui suscite un revenu (en termes actantiels: ce qui rapporte à un bénéficiaire, cp lucratif) Diathèse et actantialité s’opposent ici diamétralement dans un adjectif verbal commun, s’énonçant dans deux lectes distincts. Outre le sens lexical référant à la circulation d’un avoir pécuniaire, seule la valeur générique (marqué par c’est) et le haut degré quantitatif marquent le point de convergence des deux valeurs distinctes du tours c’est payant, et confirme l’absence d’homonymie. Ces variation ont un grand intérêt descriptif et théorique. Nous cherchons à mettre en lumière les différents schémas actantiels sous-jacents à la syntaxe de l’adjectif verbal d’origine gérondive. Nous cherhons aussi à démontrer que l’actantialité, tant dans sa sémantique que dans sa syntaxe est très compatible avec le statut adjectival.

Adjectiver le gérondif

Le corpus québécois analysé postule des paraphrases en français hexagonal qui viendront naturellement à l’esprit du lecteur, et qu’il faut considérer comme éléments à part entière des données soumises ici. Il faut se laisser dérouter par ces données attestées, et en même temps, y aller franchement pour les confronter à son intuition linguistique (sur le gérondif en français régional et en diachronie, voir notamment Pohl 1962: 116-118, Mercier 1879: 19-38). On observe d’abord qu’il est évidemment tout à fait possible d’adjectiver le gérondif sans que l’actantialité ne soit en cause. Ainsi, les cas (1), (2) et (3) se passent d’une analyse en termes de schéma actantiel. Il n’y a en apparence plus rien de verbal dans ces adjectifs des plus qualificatifs qu’il soit..

(1) jasant

N: …pis y est jasant en tout cas. Y est arrivé à à huit heures pis y est parti à minuit pis y a pas arrêté d’parler tout c’temps‑là. I parle i parle, i parle. Tout l’temps quelque chose à à dire (rire).

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F19MEPH, 002217)

(2) connaissant

P: Pourquoi penses‑tu que ça existe des cours de français selon toi? C’est tu pour mieux parler, mieux écrire ou…?

G: Apprendre à écrire, apprendre son parler pis… t’sé mettons… quelqu’un qui veut s’lancer dans dactylographie ben c’est… faut savoir écrire, pis… parler avec le monde t’sé, être connaissant un peu plus.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F26M, 002482)

(3) consentant

G: T’sé, j’leu-z-ai pas laissé l’temps d’dire: « on va te l’acheter » pis euh… t’sé moé me suis fourré dans tête: « j’en veux une » pis pour être sur de l’avoir j’vas ‘a payer. Fait que… finalement… T’sé mes parents étaient pas mal consentants. Disons y a ma… T’sé mon père ça l’dérangeait pas trop, t’sé, i m’faisait confiance pas mal. C’est ma mère qui avait peur, t’sé euh… Mettons la loi, des affaires de même pis euh… les accidents. Parce l’année passé ch’t’embarqué avec un gars pis on n’avait fait une accident justement, rentré dans un char. (rire)

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F26M, 002475)

Évidemment on pourrait toujours suggérer que jasant fait référence à la fréquence et à la facilité avec laquelle un acteur jase avec un ou des bénéficiaire(s), que consentant renvoit à la propension d’un acteur à admettre ou accepter un objet à un bénéficiaire, ou même -en forçant un peu les choses- que connaissant est la propriété d’un acteur s’étant approprié un objet de connaissance. Mais il faut inévitablement admettre que d’autres catégories entrent en ligne de compte. Ainsi jasant implique une dimension de généricité qui l’érige au rang d’une assignation de propriété et le rapproche d’une qualification an sens strict. On pourrait presque traduire jasant par beau parleur, et on peut certainement traduire connaissant par savant, dont la valence actantielle est rien moins qu’évidente et la valeur qualificative bien reçue. On remarqueras aussi la quantification sur consentant, confirmant clairement sont statut adjectival. De la même façon une chose ennuyante pourrait être glosé par le tour fortement adjectivant une chose que c’est ennuyant, comme les locuteurs n’hésitent pas à le faire si nécessaire.

(4) ennuyant

C: T’aimes‑tu ça l’école?

M: Ben oui.

C: Moua! Pas plus que ça?

M: Ben oui mais, ça dépend d’la… les jours. J’aime ça quand les maîtres… la maîtresse est, est fine pis est souriante mais les autres jours

C: Tu trouves ça… ennuyant.

M: Ouais.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F32MEPH, 002653)

C: Toi, tu veux être… professeur?

K: Oui

C: Pourquoi?

K: Ah! parce que je sais pas. J’aime mieux ça

C: Hum hum!

K: que… être… une chose que c’est ennuyant, t’sé, t’as rien, t’as, t’as plutôt rien à faire.

C: Hum hum. Tu penses‑tu qu’tu vas pouvoir faire ça?

K: Je sais pas pantoute

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F14M, 002067)

Il y a donc des adjectifs verbaux d’origine gérondive qui s’analysent sans qu’une prise en compte du schéma actantiel d’origine ne soit requise. Ceci étant clairement posé, il faut maintenant faire observer qu’un certain nombre de phénomènes énonciatifs révèlent aussi que le souvenir des valeurs verbales n’est pas complètement désactivé dans l’adjectif d’origine gérondive. Pour bien insister sur le fait que nous ne cherchons pas à tout réduire au schéma actantiel, nous signalons ici brièvement un certain nombre de ces faits de maintient de catégories verbales indépendants du cas de l’actantialité. Le contexte énonciatif, en (5), malgré la construction adjectivante avec copule, nous place en fait dans un dispositif de concomitance des procès (Laurendeau 1998: 185-187) qui garde beaucoup de la valeur verbale.

(5) enrageant

P: Quand j’ai joué au bingo avec Dany on a sacré tout ‘es deux. Bon alors y a pas d’problèmes de c’côté‑là.

G: C’est enrageant quand tu perds par exemple, t’sé. Tu passes proche surtout. Tu perds… c’est normal. On pourrait s’passer du sacre pis on réussit pas, on réussit pas encore.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F24M, 002409)

La narration nous fait bien sentir que le personnage perd au bingo, et rage en même temps, que plus il perd et plus il rage (co-repérage concomitance/consécution, Laurendeau 1998: 192-193). Ou encore, même si un verbe épeurer n’existe pas en québécois moderne, et que le sentiment d’une préfixation de nature verbale est tout ce qu’il nous reste pour relier les phénomènes suivants à la classe de mot verbe, on sent bien quand même qu’il est ici fait référence à un processsus susceptible de s’amorcer, de croitre en durée et en intensité, d’être interrompu, etc… (et noter d’autre part la construction adjectivante des choses d’épeurant comme on dirait quelquechose de gentil).

(6) épeurant

D: Ok. Euh… Est‑ce que t’aimes lire?

A: Oui.

D: Oui? Qu’est‑ce que tu lis?

A  Des livres (rire)

D: Ouais. Lesquels?

A: Non. Des livres de, épeurants comme l’Exorciste.

D: Ah, des livres épeurants.

A: Ou ben des livres tristes, comme Eric.

D: Mmm.

A: Des romans là.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F27MEPH, 002529-002530)

C: C’est quoi tes émissions préférées?

M: Ben, des émissions qui passent pour enfants en général pis des euh… toutes sortes de choses euh des films que… des films que j’aime beaucoup moi c’est res… euh James Bond

C: Hum hum.

M: euh La planète des singes, les Charlots, Jerry Lewis.

C: C’est soit des films drôles, ou soit des films d’aventures.

M: Ouain, des choses de euh d’épeurant là, des choses de même.

C: Oui Oui.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F28MEPH, 002553)

Il y a donc de multiples points de contact entre statut adjectival et statut verbal. C’est là, c’est le cas de le dire, une idée qui ne doit pas faire peur…

Polysémie lexicale de l’adjectif verbal d’origine gérondive

Il se maintient donc une sorte d’effet verbe sur ces adjectivations d’origine gérondive. Cela ne veut pas dire que de simples cas de polysémie lexicale ne puissent pas entrer en ligne de compte. Ils jouent ici un rôle très important, de concert avec les autres effets énonciatifs déjà signalés. Cela est particulièrement frappant quand les formes en -ant ne sont plus senties comme verbales, ce qui n’est pas un hasard. Ainsi (7) fournit un adjectif en -ant qui n’est indubitablement pas d’origine verbale, où la polysémie lexicale joue nettement. Noter l’accord en genre, et les tours adjectivaux très indépendantefaire mon/son indépendant(e). Les nuances de sens sont ici strictement lexicale et clairement restreintes à la classe adjectivale

(7) indépendant, indépendante

D: Pis à part ça? A part d’la jalousie?

M: Hum… chu’t’orgueilleuse pis ch’t’indépendante. Ben, indépendante euh… comme là, j’veux dire, moi j’imagine là que pas, que pus, qu’y a personne d’la gang qui veut m’voir. Moi j’imagine ça. Fait j’vas passer à côté d’eux autres là, pis j’es regarde même pas. Fait que…

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F34MEPH, 002727-002728)

D: Mais est‑ce que tu vas essayer d’y faire des avances, y faire sentir que tu l’trouves de ton goût etc.?

N: Non j’serais chu très indépendante fait que, non, ça va… (petit rire)… Peut être oké, j’vas… peut‑être des fois m’rapprocher plus, m’as essayer d’me, d’me tenir avec lui, ou ben dans, dans l’groupe…

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F19MEPH, 002220)

M: Ma mère voulait absolument j’rentre à onze heures et demi j’pense. Parce que a voulait a  voulait sortir. En tout cas. Pis moi j’voulais pas pentoute. Fallait j’rentre plus tard. Tout l’monde rentrait plus tard pis j’voulais rentrer à cette heure‑là. Plus tard. Fait que j’ai fait mon indépendante, j’ai dit à ma mère: « j’y vas pas ». Guylaine était chez nous. j’ai dit: « Tant qu’à rentrer à c’t’heure là, j’y vas pas. M’as passer pour une belle innocente ».

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F34MEPH, 002733)

Ces polysémies de nature strictement lexicales se manifestent ceoendant tout aussi naturellement dans le cas des unités plus directement senties comme dérivées de verbes. Être pesant menant à avoir une parole pesante.

(8) pesant

A:  Euh, penses‑tu que t’as ton mot à dire toi dans les décisions d’la gang?

C: Oui.

A: Ouain? Dans quel sens à peu près? Trouves‑tu que t’es pesant dans gang ou t’es pas assez pesant, ou ton influence, la

C: Ben…

A: Sens‑tu euh… j’sais pas. Ch’pas tellement influenc… ben… j’ai pas tellement d’influence mais en tout cas des fois j’ai, c’est quasiment moi qui prend… que, que j’ai à prendre des décisions comme euh, quand qu’on va chercher d’la bière là…

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F25M, 002425-002426)

P: Lorsque vous décidez d’faire quelque chose en groupe, est‑ce que t’as ton mot à dire là‑dedans ou ta parole est plus pesante que celle des autres ou quoi?

G: Non, non.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F24M, 002400)

Il est très important pour notre propos de noter que cette polysémie de nature lexicale peut en plus opérer à schéma actantiel parfaitement stable, c’est à dire donc indépendemment de l’actantialité mais sans que l’actantialité disparaisse. Le schéma actantiel référant à un patient subissant un événement est commun dans la série suivante aux sens « agaçant », « effrayant », « emmerdant », et « affolant » d’énervant, se déployant en un dégradé de stricte polysémie lexicale.

(9) énervant

D:  Mais est‑ce que t’aimes ça des gens qui parlent comme ça?

A: Ben ça m’fait rien… ça m’dérange pas. ça dépend de… des personnes. Comme la fille là, c’est parce qu’a, a l’avait une drôle de voix aussi, c’était énervant.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F27MEPH, 002529)

D: Est‑ce que t’as déjà été en danger? Etre pris dans un feu ou

N: Non.

D: passer proche de t’noyer ou euh

N: Non.

D: qu’i t’arrive quelque chose de ben énervant.

N: Non.

D: avoir peur?

N: Non. Pis quand on a été dans un accident j’étais trop jeune, j’me souviens pus.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F19MEPH, 002235)

N: Oui. Et pis euh, est‑ce que tu, est‑ce que t’apprends des choses qui sont l’fun pour toi?

B: Ben ça dépend… apprendre des choses qui sont l’fun euh…

N: Tsé y a des choses par exemple euh, Danielle euh, à l’école pis vraiemnt ça t’emmerde. Toi tu trouves ça plate pis tu trouves ça énervant. Mais y a des choses que tu trouves le fun. T’es apprends, ça, ça te demande du travail mais tu trouves ça l’fun.

B: Ben y a en maths que c’est l’fun. En anglais c’est platte.

N: Ouain

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F21MEPH, 002320)

D: A vous racontait c’qu’a faisait?

L: Oui, des fois a nous en parlait. Des fois… Al’enseignait aux adultes pis, a dit: « Y n’avait en masse drogués dans ma classe pis… » I n’a arrivé… une fois i n’est arrivé un avec un… pistolet. Dans sa classe. Pis là avait ben peur. A voulait pas aller enseigner pis euh, le directeur i dit: « Allez‑y, allez‑y c’est pas, c’est pas dangereux », pis l’directeur même y avait peur, i voulait pas y aller. Pis y a envoyé ma mère pareil pis là… avait toujours peur de s’tourner l’dos au tableau. C’est énervant quand même. Pis là ben a nous a, a nous parlait de t’ça pis a nous contait… al’ arrivait pis quand qu’y arrivait quelque chose a nous l’disait tout l’temps.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F18M, 002195)

La tentation de ne voir donc ici qu’un pur problème lexicologique doit cependant être pondérée. Ces polysémies, qui apparaissent même dans des schémas actantiels parfaitement stables et peuvent manifester une grande variation de charge lexicale, s’accompagnent parfois de délexicalisation du sens. Ainsi, en (10) on passe de effrayant, dans le schéma actantiel d‘un objet causant une frayeur à un patient, à effrayant comme quantificateur, avec l’idée de « c’est remarquable dans son intensité ». Nous voici alors aussitôt ramenés en sémantique morphologique.

(10) effrayant

D: Comment ça s’est passé? Pour toi?

N: Ben j’a connaissais pas tout l’temps pis c’est une grand‑mère que, on voit qu’a l’a travaillé dur toute sa vie tsé pis est nerveuse c’est effrayant à coté d’l’autres pis…

D: C’est tu vrai?

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F19MEPH, 002229)

A:  On reste en dessous du lit à maman pis là on s’assit. Y a une grande plaque là pis là on a d’la place à passer notre tête pis notre corps.Fait qu’on s’assit là pis on, on attend. Pis l’lendemain matin maman nous cherche (rire). Moi pis mon frère.

C: Ah seigneur! Toi pis ton frère? (rire). Pourquoi tu fais ça?

A: Eh… ben parce que a nous… a nous demande tout l’temps d’aller faire des commissions. Nous autres, on aime pas ça on s’cache en‑dessous du lit (rire).

C: C’est effrayant. Est‑c’que t’as des cours toi en dehors d’l’école?

A: Oui. Eh…

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F20MEPH, 002288)

N: Ah, on a du plaisir avec lui. Y est tout l’temps en farce tsé. Y est jeune de caractère j’trouve pis, Y aime, y adore les enfants pis, euh, hier on y a fait un cadeau. On y avait acheté une bouteille de vin pis un disque y était tout heureux. C’est l’fun.

D: Ah ben c’est bien.

N: Y est ben fin, y est ouvert c’est effrayant

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F19MEPH, 002217)

On se rapproche alors d’une certaine présence de l’actantialité, que le cas (11) va commencer à faire sentir.

(11) gênant

D: Tu t’attendais tu à ça?

A: Hein?

D: Est‑ce que tu t’attendais à ça, des questions comme ça?

A: Oui, oui. A peu près

D: A peu près?

A: Ouais.

D: Pis est‑ce que tu trouves ça plus gênant, moins gênant ou…?

A: ça… Je vois pas de changement. ça me fait rien.

D: ça te fait rien?

A: Non.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F27MEPH, 002530)

D: A ton avis est‑ce que ça t’a aidée?

N: Oui.

D: Oui?

N: Oui a m’a aidée. Parce que j’sais pas, était pas, était pas gênante pis tsé…

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F19MEPH, 002219)

C’est qu’il vient quand même un moment où c’est le dispositif actantiel qu’il faut mobiliser pour justement rendre compte de ces polysémies. Gênant « intimidant » (ne pas confondre avec le sens « encombrant ») opère dans un schéma de type une situation/un fait gène un patient/acteur, mais en second lieu on a un acteur/opposant gène un patient/acteur, et le fait de ne pas gèner prend une valeur nettement adjuventale. On peut alors explorer des distinctions entre les deux idiomes. En français hexagonal, C’est tentant est formulé dans un dispositif actantiel ou l’actant principal est un acteur qui résiste. En (12), l’actant principal est donné comme posant les faits opposants et les faits adjuvants comme équipossibles, comme dans c’est intéressant ou c’est invitant.

(12) tentant

D: Euh… Est‑ce que tu veux continuer l… l… lon… longtemps toi tes études?

A: Oui.

D: Où tu veux aller?

A: À l’université.

D: Jusqu’à l’université.

A: Oui, oui.

D: C’est tentant aller à l’université?

A: Oui, oui. Ben ça va dépendre de… J’sais, j’sais pas pantoute quoi faire par exemple. J’ai aucune idée là. Je, je n’ai plein, mais j’sais pas laquelle prendre. Mais e… si c’est un métier qui arrête au CEGEP, ben j’arrêterai au GEGEP, mais ça, ça m’dérangerait pas de faire l’université aussi.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F27MEPH, 002512-002513)

Il ne s’agit pas ici de prétendre que l’adjectif verbal d’origine gérondive n’est pas un adjectif à part entière à cause de l’actantialité. Il s’agit plutôt du proposer qu' »un adjectif a des propriétés communes à celle du verbe » (Culioli 1974: 21),  et conséquemment de suggérer que l’actantialité n’est peut-être pas simplement une affaire exclusive de verbe, mais aussi d’adjectif, et même de nom! Nominalisons ces adjectifs pour voir…

Nominalisation de l’adjectif verbal d’origine gérondive

La valeur opératoire du schéma actantiel se maintient chez certains adjectifs verbaux d’origine gérondive quand ils sont nominalisés. Ainsi, alors que le collant est un objet ou une substance qui colle, le pétillant n’est pas un objet ou une substance qui pétille mais bien le « fait de pétiller » susceptible de  s’accentuer ou de disparaître, comme la fraicheur ou le sucré. L’actantialité fonde ici une distinction sémantique aussi profonde que la stricte valeur lexicale des deux adjectifs nominalisés.

(13) collant

R: Euh supposons le to… euh ben pas l’toit mais le plafond ou disons qu’y a une petite craque là, une petite craque, ben là i va à réparer pis c’est pas mal difficile à faire ça. Ma mère j’pense, euh Ah non… monsieur Allard aus… attends un peu monsieur Allard pis monsieur qui donc?

C: C’est pas grave

R: monsieur? euh. En tout cas, bon, pas d’importance. Y avaient mis comme un collant là pis ça on peinture pis ç’a tout caché, ma mère était contente, mais sont payés par heure. Hein? Pis à fin ça ça coûte un bon cinq, six cents pour la maison.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F36M, 002805)

(14) pétillant

G: Me fais engueuler souvent [par les clients du restaurant – P.L.].

P: Oui! Comment ça?

G: Ben les hot-dogs sont frettes… ou…

P: Ah bon!

G: La liqueur, le pétillant est parti ou un autre affaire. Ben là ben toé tu, t’aurais envie d’t’enrager mais tu te retiens. Tu dis: « le café, y a pas d’lait dedans, pas de sucre ».

P: Le coke est flat!

G: Y en disent toutes sortes d’affaires.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F24M, 002409)

Mais, ici aussi, la nominalisation peut s’en tenir strictement à des polysémies lexicales. En (15) remplaçant(e) fera toujours référence à une personne qui remplace un(e) instite, et l’actantialité est ici parfaitement inerte.

(15) remplaçant, remplaçante

M: Le mercredi parce que, on a une remplaçante à tous les mercredi parce que la maîtresse a va euh… a va apprendre encore des affaires …

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F28MEPH, 002548)

Tous ces faits empirique semblent obliger à admettre que l’adjectif verbal d’origine gérontive compte au nombre des catégories sémantico-énonciative qu’il arrive à construire, l’orientation actentielle de la notion qu’il marque.

Orientation actentielle de l’adjectif verbal d’origine gérondive

L’orientation actantielle marquée par ces formes en -ant varie. Une soirée dansante est une soirée ou des acteurs danseront. Dans le slogan publicitaire France 3: un été dansant, l’adjectif verbal est même libéré du moule syntagmatique culturellement pré-établi. Une soupe brûlante est une soupe qui brûlera un détrimentaire. Elle est « brûleuse », alors que la soirée n’est pas « danseuse ». Le payant québécois c’est « faisant payer un acteur ». Le payant hexagonal c’est « rapportant à un bénéficiaire ». Se mettent donc en place des distinctions reposant su la valence actantielle des notions captées par l’adjectif verbal. On opposera par exemple un acteur plaisant à une situation plaisante, avec les conséquences lexicales d’usage (noter le contexte nettement épilinguistique de comparaison entre les deux variétés de français).

(16) plaisant

M: Comme l’autre fois j’dis… j’parlais au petit gars tsé ma mère y avait offert un « Pops » pis y était su’l’perron fait qu’j’y ai demandé: « Olivier »… pis Olivier a part ça… bon… J’y ai demandé: je y ai dit « Est‑ce que tu veux un « pops »? J’ai employé est‑ce que tu… est‑ce que tu veux un « pops »… « Quoi? »… I comprenait pas. Pis là un moment donné Martine est arrivé: « Est‑ce que tu veux un bonbon glacé ». J’ai manqué d’tomber su’l’dos ou ben « c’est l’fun » i savent pas c’que c’est. C’est plaisant.

D: Ah oui!

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F34MEPH, 002741)

N: Ben… j’sais pas, m’semble… « Y est au bout »… Comment j’pourrais ben dire ça…

N: y est l’fun…

C: Hmm. Oui… Y est, y est gentil, y est généreux, y est plaisant. Oui?

N: Y est amusant surtout ça. Y est comique.

C: Y est amusant, drôle, y est comique, oui? E… « Y est correct? Tu dis tu ça », y est correct », « c’est un gars correct »?

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F22MEPH, 002363)

Ou encore c’est impressionnant comme fille fait face à c’est impressionnant [comme situation]. L’identité formelle des tours n’empêchant pas l’importante distinction actantielle, qui est dans de tel cas au coeur de la polysémie..

(17) impressionnant

J: Mais on… on se tenait ensemble tsé, moi, François pis Richard des fois. On descendait chez François. On écoutait d’la musique, prendre une p’tite bière t’sé, ça dépendait. Des fois à l’aréna, on commençait à voir Marie Holzmann tsé. C’est impressionnant comme fille tsé.

P: (rire) Oui c’est vrai.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F17MEPH, 002375)

P: C’est la première fois que t’allais à Montréal?

J: Ouain.

P: Comment t’as trouvé ça?

J: C’… c’est pas mal impressionnant quand tu rentres dans ville tsé t’as tout euh…

P: Hum‑hum

J: Le métro pis…

P: Hum

J: En tout cas c’est grand pas mal.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F17MEPH, 002382)

Le schéma actantiel en vient à être le facteur clef de l’alternance polysémique des valeurs de l’adjectif verbal d’origine gérondive. On distingue par exemple agacant comme action posée par un acteur, d’agacant comme processus adjuventé, lui même distingué d’agacant comme processus non adjuventé. Comparer avec la distinction entre emmerdeur, et les deux sens adjuventés et non adjuventés d’ emmerdant.

(18) agaçant

D: Est‑ce qu’y a d’autres choses que t’aimes pas chez toi?

L: Mon caractère ou euh… comment j’pourrais dire ça? J’agace disons.

D: T’es agaçante?

L: Oui, justement ma mère des fois a me l’dit. J’agace ma petite soeur pis des fois a prend trop ça au sérieux. A dit… moé j’y dis: « C’est des farces ». A dit, « c’est sûr que c’est des farces, mais » a dit, « elle, Annie, a l’prend pas d’même » pis tout ça…

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F18M, 002193)

C: Serge pourquoi?

S: Ben…Y est… plus tranquille des fois, eh…, Y est agaçant par exemple, Y est

C: tu veux dire

S: aga… ben, y est tranquille quand y a personne, mais quand qu’y a des invités, eh… y… a… y arrête pas. I dit toujours: eh… « Ah toi, va‑t’en donc chez vous », i dit ça.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F33MEPH, 002670-002671)

S: Michel Talon, par exemple, a l’corrige.

C: Oui. Pis ça, tu trouves‑tu ça agaçant quand eh… un prof eh… corrige quand quelqu’un parle mal?

S: Non, c’est pas agaçant.

C: Tu trouves que c’est normal?

S: Ouais…

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F33MEPH, 002680)

Il convient naturellement d’insister sur le fait que la présence centrale du schéma actantiel dans le dégradé des polysémies de ces tours adjectivaux ne diminue en rien la présence d’autres catégories sémantiques. On distingue ainsi un écoeurant(e) comme effet d’un processus, en couplage avec une forte valeur dépréciative (éventuellement nominalisable en écoeuranteries), d’un écoeurant(e) intensif quantitatif/qualitatif (atténuant les valeurs actantielles ou dépréciatives), d’un écoeurant(e) comme propriété de l’acteur qui écoeure, evec retour de la valeur dépréciative, mais remplacement de la révulsion pour une situation par la haine pour un acteur (nominalisable un écoeurant, une écoeurante).

(19) écoeurant, écoeurante

P: Qu’est‑c’que tu penses toi de ta façon d’parler?

D: Écoeurante.

P: Ah écoeurante! Explique‑moi ça pourquoi c’est écoeurant?

D: Toujours des « tabarnak » pis des « Christ »!

P: Hum! Pis à part de ça?

D: J’ai jamais fait un même mot sans sacrer.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F36M, 003155)

S: Ben y est, y est courtier d’assurance.

P: Ouais.

S: pis i n’a vu des, des écoeuranteries. Le gars là, que, y a pris une fouille pas d’casque là, la face la première. Y avait pus d’nez, pus d’face,

P: Mmm.

S: pis y était vivant encore.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F37MEPH, 002837)

G: C’est écoeurant comment est‑ce qu’i peut être honnête. Pis e… comme i ferait pas d’mal à une mouche, i ferait rien d’croche.

D: Ouais.

G: pis e… tsé y est capable de comprendre tsé quand on y parle pis tout ça pis e…

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F17MEPH, 002139)

P: Bon, j’prends, j’prends un exemple là, je l’imagine… René pis Ghislain pis toi avons… Vous avez le même prof, tous ‘es trois,

J: Ouais.

P: mais dans des cours différents. Ok. Euhm… Toi, si René te dit « C’est… c’est… c’est un écoeurant, c’est un fou, c’est un ci, c’est un ça ». Vas‑tu être porté d’le croire ou tu vas essayer de t’faire une idée toi‑même?

J: Ben ça, ça dépend.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F29MEPH, 002579)

Ces fait nous ramènent finalement à une analyse plus fine des moules syntaxiques en cause. Trouver tannant renvoie à la propriété d’un acteur comme inhérence, tandis que faire (son/sa) tannant(e) – comme faire son indépendant(e)- fait référence à une action pour laquelle on opte, sous contingence (Laurendeau 1997: 148-154), et que c’est tannant désigne plutôt la propriété d’un état de fait. Toutes les propriétés sémantiques de l’adjectivation sont présentes et se composent de façon variable avec la syntaxe référentielle de l’actantialité.

(20) tannant, tannante

B: En enseignement religieux. C’est à… ça fait deux ans d’suite que je l’ai là pis a… l’année passée a me trouvait tannant pis a dit: « Pas encore toé ». Pis là a veut m’donner d’la misère.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F16M, 002103)

C: C’est qui les chouchous.

K: Dans classe?

C: Pourquoi ça? Oui

K: Là, là, en c’moment… I s’appelle Guillaume. Pis euh… Michel Poulain. Parce que i fait son tannant pis a veut l’récompenser pareil pour qu’y arrête mais y arrête pas.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F14M, 002058)

C: Ah bon. Aimes‑tu ton professeur?

R: Oui est fine, est fine. Hey supposons que j’m’accote là tsé j’lève ma chaise comme ça, j’m’accote au bureau: « Rachel, ta chaise ». Là tsé hum ah pis!

C: Mais…

R: Des fois c’est c’est tannant rester d’même là, tsé toujours rester d’même.

C: Hm hm

R: Ah, ça viens plate là

C: mais est fine en général?

R: Ah oui très fine! Mais est pas sévère.

(Deshaies, Corpus de la ville de Québec, F36M, 002810)

On dégage donc finalement un certain nombre de moules morpho-syntaxiques. « Cela suppose la prise en compte d’une typologie des prédicats qui n’a de statut contrôlable qu’à travers les contraintes syntaxiques qu’elle engendre » (Franckel 1988: 124). On peut en résumer la teneur ainsi, en se restreignant au valeurs actantielles marquées par ces moules:

1)     Il est [___]ant: patient engendrant un processus

2)     Il fait son [___]ant: acteur procédant à une action contingente

3)     C’est [___]ant: processus sans acteur avec inhérence

4)     Une chose que c’est [___]ant: processsus sans acteur avec contingence

5)     Une chose d'[___]ant: ou [nom de chose] [___]ant: (un film épeurant) assignation d’une propriété

Ces moules reposent sur le schéma actantiel comme coeur sémantique, mais entrent en transcatégorialité avec un certains nombres d’autres valeurs qui peuvent éventuellement surclasser l’actancialité. Se manifeste alors une flexibilité favorable à la mise en place d’opérations énonciatives d’une grande mobilité par rapport aux classes de mots retenues par nos cadres. (Culioli 1974: 15-16). En conclusion, nous dirons simplement que nous n’affinons pas la description sémantico-énonciative pour décloisonner les classes de mots. Au contraire, nous décloisonnons les classes de mots pour affiner la description sémantico-énonciative des données vernaculaires. « Le système classificatoire n’est donc pas pris au sens où l’on aurait des petites cases que l’on remplirait d’objets; d’ailleurs ce ne sont pas des objets que l’on y mettrait mais des représentations… » (Culioli 1974: 30).
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RÉFÉRENCES

BOISVERT, L.; LAURENDEAU, P. (1988). « Répertoire des corpus québécois de langue orale », Revue québécoise de linguistique, Université du Québec à Montréal, vol. 17, n° 2, pp. 241-262.

CULIOLI, A. (1974), Le problème des catégories grammaticales,  Notes de cours retranscrites par A. FRANC DE FERRIÈRE et S. FISHER, Institut Charles V, Université Paris 7, 48 p.

FRANCKEL, J.-J. (1988), « Gérondif et repérage interpropositionnel », GROUPE RELPRED, Études sur l’ordre des mots, Département de recherches Linguistiques, Université Paris VII, Laboratoire de Linguistique Formelle (U.A. 04 1028), Collection ERA 642, pp 97-127.

LAURENDEAU, P. (1997), « Concomitance de procès, contingence et agglomérat notionnel: AGIR/ETRE EN.. », Faits de langues, n° 9, pp. 145-154.

LAURENDEAU, P. (1998), « Moment de l’énonciation, temps de l’énoncé et ordre de procès », Cahiers CHRONOS – Variations sur la référence verbale, Vol. 3, RODOPI, Amsterdam/Atlanta pp. 177-198.

LAURENDEAU, P. (1999), « Thématisation et stabilisation notionnelle en co-énonciation parlée », GUIMIER, C. (dir.), La thématisation dans les langues – Actes du Colloque de Caen, 9-11 octobre 1997, Peter Lang, 421-438.

LAURENDEAU, P. (2000a), « Pour une approche énonciative du schéma actantiel », ENGLEBERT, A. et al., dir., Actes du XXIIe Congrès International de Linguistique et de Philologie Romanes, Vol. VI, Niemeyer Verlag, Tübingen, 301-308.

LAURENDEAU, P. (2000b), « L’alternance futur simple/futur périphrastique: une hypothèse modale », Verbum, 22, 3, 277-292.

MELLET, S. (1996), « Remarques sur les formes adjectives du verbe latin (César, Guerre civile III, 59-62) », L’Information grammaticale, n° 68, pp. 39-41.

MERCIER, A. (1879), Histoire des participes français, Libraire-Éditeur F. Vieweg, Paris, 160 p.

POHL, J. (1962), Témoignages sur la syntaxe du verbe dans quelques parlers français de Belgique, Académie Royale de Langue et de Littérature Française, Palais des Académies, Bruxelles, 248 p.
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CORPUS:

Denise Deshaies, Corpus de la ville de Québec: enquêtes orales effectuées entre 1977 et 1979 auprès d’adultes et d’adolescents des quartiers Saint-Sauveur et Sainte-Foy à Québec, sous la direction de Denise Deshaies, professeur titulaire à l’Université Laval (Québec). Corpus non publié, utilisé avec autorisation de la dépositaire. Pour une description des caractéristiques sociolinguistiques du corpus, voir Boisvert et Laurendeau, 1988: 251-254.

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