Paul Laurendeau, linguiste, sociolinguiste, philosophe du langage

LAURENDEAU 1990D

LAURENDEAU, P. (1990d), « Métalangage et matérialisme dialectique en linguistique énonciative », Cahiers de praxématique, n° 14, pp 31-49.
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Les propositions mises de l’avant dans le présent exposé vont dans le sens de la constitution d’un métalangage sous-tendant des hypothèses matérialistes et dialectiques sur l’activité langagière comme ANALOGON de praxis matérielles et praxis elle-même. La théorie des repérages énonciatifs de A. Culioli sert ici à la fois de cadre théorique de référence et de principal exemple de pratique métalinguistique.

Quel est l’objet de la linguistique ? La réponse à cette question que propose la théorie des repérages énonciatifs de Culioli est la suivante: la recherche des opérations langagières appréhendées à travers la diversité des langues. Pour parvenir à la réalisation d’un tel programme, on cherchera, entre autres, à définir un métalangage. « Comme tout énoncé théorique, cette définition n’a d’existence que par les contenus concrets qu’elle permet de penser. Comme tout énoncé théorique, cette définition doit permettre de penser d’abord ces contenus concrets. » (Althusser 1965: 224). On amorcera la présente réflexion par un regard critique sur les tendances fondamentales de l’activité métalinguistique.
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MÉTALANGAGE FORMEL: ENTRE LE CONVENTIONALISME ET LE RÉDUCTIONNISME

Le formel est encore de vogue en linguistique.  Chaque pragmaticien, chaque linguiste y va de son « bidule » et on n’en finirait plus de compiler les formalismes et d’en faire une critique ponctuelle.  Celles qui ont déjà été menées – je pense, par exemple, à Culioli 1976a – se sont toujours avérées fort révélatrices sur les imprécisions et l’éclectisme des formalisations importées ou improvisées en linguistique. En allant au plus fondamental, je dirais que la formalisation en linguistique est traversée par deux crises entre lesquelles le problème oscille: la crise du conventionalisme et la crise du réductionnisme.

D’abord, pour bien comprendre le point du vue avancé ici, il faut se garder de confondre le problème du conventionalisme avec celui de l’existence de conventions dans les systèmes formels.  Lorsqu’on construit un système formel, comme un modèle logique par exemple, il faut bien reconnaître que le point de départ est conventionnel. « Cela revient à reconnaître qu’on ne construit par un langage logique sans se servir d’une langue d’usage » (Grize 1982: 29). Les conventions de départ adoptées, quelles qu’elles soient, ne se confondent en rien avec les axiomes puisqu' »il est parfaitement possible de constituer une logique sans axiome – les axiomes étant dans le système -, [et qu’]il est en revanche impossible de construire une logique sans utiliser au moins une règle qui s’énonce hors du système » (Grize 1982: 79).  Intéressant comme argument fondamental contre tout logicisme et en faveur de l’ancrage concret de toute activité formalisante, ce constat qui, en fait, concerne plus une réflexion sur les systèmes logiques et mathématiques qu’un travail sur le métalangage en linguistique, a son revers.

Pour éviter la contrainte de la constitution de conventions formelles, et en assumant que les axiomes se dégagent d’un système descriptif plus qu’ils ne le précède, on ne peut guère faire autrement que de se donner une langue naturelle comme métalangage. Or, le fait de procéder à une utilisation de la langue comme unique métalangage et au remplacement du logique et du quantitatif par le dialectique et le qualitatif ne met pas à l’abri des crises théoriques de la terminologie, comme l’a magistralement remarqué G. Lukacs à propos du passage de la dialectique de Hegel à celle de Marx.

« Puisqu’il est fait mention de tels défauts, que l’attention du lecteur non habitué à la dialectique soit seulement attirée encore sur une difficulté inévitable, inhérente à l’essence de la méthode dialectique. Il s’agit de la question de la définition des concepts et de la terminologie.  Il est de l’essence de la méthode dialectique qu’en elle les concepts faux dans leur unilatéralité abstraite soient dépassés. Pourtant ce processus de dépassement oblige en même temps à opérer constamment avec ces concepts unilatéraux, abstraits et faux, à donner aux concepts leur signification correcte, moins par une définition que par la fonction méthodologique qu’ils remplissent dans la totalité en tant que moments dépassés. Il est cependant encore moins facile de fixer terminologiquement cette transformation des signfications dans la dialectique corrigée par Marx que dans la dialectique hegelienne elle-même. » (Lukacs 1960: 14-15).

Ce problème de la convention dans les systèmes formels et de la SURSOMPTION (ce terme est la traduction reçue pour AUFHEBUNG. C’est le « dépassement » du traducteur de Lukacs. Voir Laurendeau 1986a: 135-135, note 15) dans la pensée dialectique, énoncée en langue naturelle, est à la base du travail qui devra être fait sur le métalangage. Retenons pour l’instant que cet important problème est tout à fait distinct de celui du conventionnalisme.

Épistémologie issue de Poincaré et Duhem selon laquelle les principes théoriques sont des conventions » (Sève 1980: 670), le conventionalisme, lié au positivisme, est en rapport étroit avec la tendance théorique formalisante. Le procédé est simple et répandu en linguistique formelle: il consiste à nier au « métalangage du linguiste » tout lien, quel qu’il soit, avec l’activité cognitive ou langagière effective, pour en faire une sorte de construit formel gratuit.

«  »Il faut donc reconstruire les opérations qui permettent à ces agencements de marqueurs de fonctionner comme ils fonctionnent dans l’activité de langage. Il s’agit évidemment d’une re-construction méta-linguistique du linguiste, et pas des opérations qui se passent dans le cerveau quand on parle. » (Culioli 1980: 66).

Si même les théoriciens sérieux en linguistique formelle n’échappent pas à cette déviation, c’est qu’elle est une des contradictions motrices de la formalisation linguistique. On pourrait accuser Culioli d’assurer, par ce genre de précaution, une immunité contre les critiques des spécialistes de cognition à ses élaborations formalisantes. La critique serait juste pour le passage cité… mais hâtive pour la globalité de la démarche. Il n’est que de relire les critiques que le même Culioli adresse à Banfield et à son célèbre opérateur E(nonciation) introduit dans le formalisme générativiste

« … sans grande hésitation, tout simplement parce que l’on a besoin d’autre chose que de S et que l’on va le définir par une règle de ré-écriture.  Cette règle, strictement formelle, est licite et acceptable dans un système formel, mais devient ici douteuse parce qu’elle introduit, à point nommé, l’entité miraculeuse dont on a besoin, sans qu’on sache d’où elle vient, à quoi elle se relie, et combien d’autres êtres supplémentaires il faudra introduire en chemin. »

(Culioli 1976a: 39)

Les exemples du type de celui critiqué ici sont nombreux. Ils procèdent de cette même évacuation de l’objet au profit du formalisme dont j’ai caractérisé la pensée positiviste (Laurendeau 1986a: 12-18). Mais alors on est tout de même en droit de se demander qu’est-ce qui amène le critique du conventionnalisme qu’est Culioli à ne pas donner à ses propres « représentations métalinguistiques du linguiste » le plein statut d’opérations cognitives effectives ?

Je dirai que c’est la prudence, et cela m’amène à poser le second pôle de la tension dialectique qui travaille la formalisation en linguistique: le réductionnisme.  Prenons un cas éloquent: G. Guillaume.  Ce Hegel de la linguistique donne les modèles qu’il élabore pour des reflets de PSYCHO-MÉCHANISMES effectifs à l’intérieur d’une PSYCHO-SYSTÉMATIQUE achevée du langage. Je ne crois pas, comme G. Moignet (1981: 7), qu’il n’y ait là qu' »une sorte de profession do foi mentaliste en linguistique, en opposition avec les options béhavioristes qui prévalaient de son temps. » Il faut y voir la certitude que le TEMPS OPÉRATIF est bel et bien le temps nécessaire à « opérer » la génération d’une forme linguistique, que les VECTEURS reflètent ce mouvement temporel, que les SEUILS reflètent des saisies effectives sur ce mouvement etc. Cette réduction de l’activité de langage à un schématisme formel est l’autre face du problème de la formalisation en linguistique.  Celle-ci, constamment ballotée entre conventionnalisme, réductionnisme, passage honteux du second au premier (c’est ce qu’a fait Chomsky, à mon sens), remet en question jusqu’à l’existence même du métalangage. La linguistique s’est-elle fourvoyée ?

La gnoséologie du matérialisme dialectique invite à poser le problème autrement.  L’objet est complexe, infiniment polymorphe.  Sa connaissance tend vers lui comme une courbe vers une asymptote. Et si la formalisation en linguistique n’était rien d’autre que la trace d’une hâte excessive ? Il y a, chez Culioli, une véritable épistémologie du travail lent, fin, minutieux, sur de nombreuses langues… une sorte d’épistémologie de la patience. On a là un impératif méthodologique. Car la formalisation est conventionnaliste et/ou réductionniste parce que prématurée. Dès lors on ne pose pas un métalangage, on le construit.

Pour montrer ce que j’entend ici par construction du métalangage, je citerai un premier exemple de concepts métalinguistiques tiré de la théorie des repérages énonciatifs: la tension construite entre le BOUCLÉ (représenté ici par l’italique) et le DROIT (représenté ici par le lettrage standard).  On formalise ainsi, grâce à un étiquetage simple, deux E qui n’ont rien à voir avec l’opérateur de Banfield, l’E(noncé) et l’E(nonciation).

« Avec E, on a donc affaire à un objet physique agencé de telle manière que lorsu’un premier énonciateur le produit, il permet à un second énonciateur de construire un système de coordonnées grâce auquel ce dernier va pouvoir établir, moyennant des ajustements, une relation entre l’énoncé et l’événement auquel refère le premier énonciateur. E, de façon globale, sera un événement.  Ce terme ne renvoie pas nécessairement à quelque chose qui se produit, cela peut-être un état; il renvoie au domaine de l’extralinguistique mais de façon complexe puisque ça peut-être une référence à d’autre textes, rapport de paroles, définitions…, c’est-à-dire à toute réalité qu’elle soit imaginaire, fantasmatique, mythique ou physique… »

(Culioli 1976b: 32-33).

Cette convention d’étiquetage va régir tous les opérateurs en traversant tout le métalangage comme une hypothèse traverse une théorie. Ainsi, par exemple, Sito est la situation d’énonciation, Sit1 la situation décrite dans l’énoncé et Sit2 le discours rapporté, etc. Ni conventionaliste, ni réducteur, ce formalisme délimite la frontière entre un généralisable évacué par le structuralisme réifiant (il introduit énonciation, sujet énonciateur, temps de l’énonciation au coeur de la linguistique) et un non généralisable hypostasié par la pragmatique. On prend alors pour organon une théorie et des hypothèses à défendre sur la relation entre la langue et le langage puisque

« … lorsqu’on veut s’occuper de la relation entre langage et langue on est obligé d’avoir des points d’articulation hybrides où le linguistique est nécessairement allié à du non linguistique.  En effet, si l’on considère que le langagier ne peut pas être ramené à du linguistique au sens étroit du terme, c’est-à-dire à de simples configurations qui passent par une langue donnée (puisqu’on a affaire à un domaine qui recoupe toute l’activité symbolique, cognitive, etc.) on est obligé d’avoir un certain nombre de lieux hybrides. C’est ce que je représente par des lettres bouclées: S n’est pas un sujet énonciateur, ni un concept d’énonciateur en chair et en os ; T malgré l’emploi du terme ne renvoie pas à des instants chronométrés. Ce sont des symboles, des repères-origines dans la construction du système de repérage.  Ce sont des lieux hybrides.

(Culioli 1981: 64-65)

Ce type de formalisme n’est pas d’un arbitraire pur. On peut, en effet, faire valoir que le BOUCLÉ évoquera la souplesse du situationnel et le DROIT la relative rigidité du textuel. Il faut en effet signaler un autre fait capital à propos du métalangage formel. Celui selon lequel le métaphorique est dans le formel.  N’en citons pour exemple que l' »étymologie » du symbole représentant le méta-opérateur de repérage EPSILON dans la théorie des repérages énonciatifs. C’est une intrication du symbole représentant l’appartenance, du symbole représentant l’inclusion et du symbole représentant l’identification (Culioli 1981: 62), ce qui sous-tend l’hypothèse non pas d’un cumul quantitatif composite mais bien d’une SURSOMPTION qualitative de ces trois « valeurs indistinguables. »  Cette hypothèse n’étant pas une convention intouchable ni une réduction dogmatique, à charge de la critique et des faits de la subvertir.

MÉTALANGAGE EMPIRISTE: MÉTATERMES HÉRITÉS ET MÉTATERMES MÉTAPHORIQUES

On pose, d’une part que, « vouloir se passer entièrement de toute langue naturelle pour décrire une langue naturelle, cela est illusoire et ce fait relève des particularités spécifiques des langues » (Culioli, Desclès, Kaboré, Kouloughli 1981: 33). Mais, d’autre part, il ne faudrait surtout pas confondre les présentes propositions avec le spontanéisme pragmatiste et authenticiste  – empiriste en un mot – qui produit en grande quantité toutes sortes de métatermes au statut non défini, flottant et dont le caractère ad hoc s’évalue à leur vie éphémère autant qu’à leur multitude. Dans leur anarchie apparente, les métalangages empiristes obéissent à des règles finalement assez strictes. Il faut aussi s’y arrêter, ne fusse que pour bien se démarquer de la philosophie spontanée qu’ils sous-tendent.

J’ai montré ailleurs (Laurendeau 1986b) qu’un des types les plus courants de métalangage empiriste consistait à prendre pour acquis tout le bagage terminologique de la grammaire traditionnelle sans contrôle et sans remise en question.  Les étiquettes de la grammaire scolaire sont traitées comme des data bruts sous prétexte qu’on les manipule depuis la petite enfance. J’expose plus loin la prudence avec laquelle il convient de dominer le corpus des métatermes hérités.

Le second type de métalangage empiriste ouvre la porte à la métaphore incontrôlée. On voit d’abord se manifester le souvenir du texte écrit par des occidentaux (cf Hagège 1976: 44).  On va parler, par exemple, pour les préconstruits de CONTEXTE DROITE et de CONTEXTE GAUCHE (Slakta 1975: 33, il est loin d’être le seul à maintenir ce souvenir de la linguistique de la phrase écrite, d’une absurdité drôlatique pour un linguiste arabe, hébraïsant ou  sinisant!).  Un autre linguiste (Winther 1985) va écrire que « bon » et « ben » effectuent des PONCTUATIONS discursives et métadiscursives (le statut de ce terme n’est pas clarifié). Ces métaphores, signes de ce que j’appelle l’aspect textuel de la crise de l’objet en linguistique, connaissent parfois une singulière pérennité.  Voyons comment Berrendonner file la métaphore de la MARGE introduite par Récanati:

« – Par ailleurs, on rend compte ainsi du fait que l' »assertion » a un caractère symptomatique, qu’elle n’est pas de l’ordre du dit, mais du montré, de l’exhibé (elle est « dans la marge, » comme le dit Récanati […]. Car l’énonciation est un geste, c’est-à-dire qu’elle a le statut sémiotique d’un symptôme: sa valeur signifiée s’exhibe sans se dire, sans s’autodésigner.  Le geste, lui, est capable de montrer sans raconter. Je n’accepterais de voir nulle part ailleurs du « montré, » et surtout pas dans les verbes performatifs, ni dans le contenu des incidentes à signification métadiscursive: ces éléments, comme tout élément interne au contenu propositionnel, dénotent, banalement. Je tiens donc la marge du discours pour beaucoup plus étroite que Récanati, et je me refuse à y inscrire en rouge tout et n’importe quoi. Seul le comportementlocutoire d’énonciation y a sa place… »

(Berrendonner 1981: 121)

Plus sérieux mais aussi plus insidieux est le métalangage réellement empiriste qui va consister en une hypostase de la situation particulière d’un marqueur dans un corpus donné et à son étiquetage immédiat en dehors de toute généralisation même minimale et sans qu’un statut théorique précis ne soit donné à cette multiplication d’étiquettes. Guespin décrit « le ben introducteur, l’initiale de témoignage, le puis embrayeur du second acte de réponse » (Guespin 1984: 69). J’ai moi-même (cf. Laurendeau 1983b) classifié les « pis » du vernaculaire québécois en CANCATÉNATEUR AVEC SUCCESSION CHRONOLOGIQUE, CONCATÉNATEUR SANS SUCCESSION CHRONOLOGIQUE, CONSÉCUTIF (il s’appelait CAUSAL dans une étude antérieure: cf. Laurendeau 1982) et OPPOSITIF. On pourrait facilement multiplier les exemples.

Un dernier type de métalangage empiriste produit une matérialisation, souvent à tendance réifiante, de l’énoncé (cf Hagège 1976: 41). Je passe sur les CHAINES PHRASTIQUES et autres CORDES pour signaler la SUTURE DISCURSIVE (Garcia 1983: 477 – il ne lui est pas donné de statut précis) et l’AGRIPPAGE DE DISCOURS (Auchlin 1981: 93-94). Avec ce dernier type, on se rapproche tendanciellement de ce que je propose.  Le seul défaut – et il majeur – c’est que de tels métatermes restent spontanés, confus, proches de leur sens usuel sans que le contrôle et les choix du linguiste ne les déterminent. Ils comblent le vide de la terminologie grammaticale obsolète sans passer à cette qualité nouvelle de description théorisée que les formalistes recherchent aussi de leur côté.

POUR UNE MIMÉSIS MATÉRIALISTE DU RÉEL DANS LE MÉTALANGAGE

Quand Auchlin (1981: 155) écrit de certains marqueurs qu' »ils permettent […] d’ancrer le propos d’un locuteur à ce qui vient d’être dit… », il effectue une de ces métaphores courantes qui meublent tout discours, de la conversation la plus usuelle à l’exposé le plus rigoureux.  Lorsque Culioli (1975 etc.) construit le concept de FLÉCHAGE c’est toujours une métaphore, mais un passage qualitatif capital s’est effectué. Si « par essence la relation entre tout métalangage théorique et son langage-objet est d’ordre métaphorique » (Genette 1972: 38, note 2 – d’après Jakobson), il y a métaphore et métaphore.  Dans le premier cas, la métaphore décrit de façon plus expressive.  Dans le second, elle concentre une hypothèse sous-jacente sur une opération langagière comme ANALOGON d’une opération praxique. On avance en l’occurrence, dans ce cas ci, l’hypothèse d’un rapport entre une certaine opération linguistique dénommée FLÉCHAGE et le mouvement gestuel de pointer avec un objet construit. A rapprocher de (mais à ne pas confondre avec) ce que Benveniste (1970: 82) a appelé « les indices nombreux de l‘ostension (type ce, ici, etc.), termes qui impliquent un geste désignant l’objet en même temps qu’est prononcée l’instance du terme. » C’est dès lors tout le cadre théorique qui s’engage dans une métaphore contrôlée et calibrée.

Il s’agit donc d’une démarche qui consiste à construire dans une métalangage concret (au sens non-empiriste de la TOTALITÉ CONCRETE) une mimésis du réel qui porte une hypothèse sur l’activité de langage: hypothèse selon laquelle le langagier sublime, transpose, détache, inverse, en un mot reflète comme ANALOGON le mouvement du réel, qu’il soit gestuel ou purement phénoménal. Cette hypothèse est portée par de nombreux métatermes de la théorie des repérages énonciatifs. Citons notamment: AGGLOMÉRAT, ANCRAGE, COULISSEMENT, CURSEUR, EXTRACTION, FLÉCHAGE, FRAYAGE, PARCOURS LISSE, PARCOURS RUGUEUX, REBROUSSEMENT, RUPTEUR.  La métaphore, enfant maudit de la rigueur (voire: qu’on pense à LIMITE, CONTINUITÉ, ENCADREMENT etc. en mathématique), refoulée à la périphérie, évacuée par les symbolismes métalinguistiques, prend une place privilégiée dans les présentes propositions. Elle est assumée et placée au centre de la théorie parce qu’elle est la contradiction motrice du métalangage qualitatif comme support de la thèse matérialiste de l’ANALOGON dialectique des activité cognitives et symboliques.  Les « risques » qu’elle comporte sont autant de prises à la critique. Mais une théorie dialectique est inévitablement ouverte à la critique qui la façonne et la subvertit.  Avec IOTA OPERATOR, conventionnalisme oblige, la critique glisse sur l’asséité d’un système formel.  Avec l’opération de PARCOURS, on pose une hypothèse sur la tension entre langage, praxis et cognition et le débat démarre…

Les termes d’un tel métalangage SURSUMENT ses connotations, c’est-à-dire qu’ils les nie et les assume dans un même mouvement.  Ils les investissent dans une DIAPHORE (cf supra) qui est la construction théorique. En un mot ils les contrôlent comme l’homme « contrôle » la nature. Une telle conscience de la portée matérialiste de la métaphore – et implicitement de la thèse de l’ANALOGON – traverse tout le matérialisme dialectique. Lorsqu’Hegel écrit dans la Science de la logique: « le royaume des lois est l’image calme [en allemand ruhige – P.L.] du monde existant ou apparaissant », Lénine s’exclame: « C’est une définition remarquablement matérialiste et remarquablement juste (par le mot « ruhige »). La loi prend ce qui est calme – et par là la loi, toute loi, est étroite, incomplète, approchée » (cf. Lénine 1973: 143).  Cette réflexion est profonde et, venant du métalangage, va au coeur du langage lui-même.  Engels (1952: 238) n’écrivait-il pas, à peu près cent ans avant que Culioli n’introduise le concept de CAPTEUR: « … des mots comme matière et mouvement ne sont que des abréviations, dans lesquelles nous réunissons d’après leur propriétés communes beaucoup de choses différentes perceptibles par les sens. »

Un certain nombre de ces abréviations pourront être assurées par des métatermes hérités. C’est là une concession inévitable que le métalangage concret fait au formel. Un certain nombre de métatermes hérités de la linguistique, voire de la grammaire, doivent faire l’objet d’un réinvestissement théorique qui est la manifestation éclatante de la crise des « concepts unilatéraux et faux » à partir desquels il faut travailler (cf. Lukacs cité supra). La linguistique est une « science historique ».  Citons quelques exemples: ANAPHORE, APODOSE, CATAPHORE, CONNECTEUR, DÉTERMINATION, DIAPHORE, HYPOTAXE, PARATAXE, PHATIQUE, PROTASE. Vrais si relativisés, ces concepts vont devoir se trouver travaillés dialectiquement par leur tension avec l’empirique et le critique.  Cette dialectisation prendra principalement trois formes.

La NÉGATION d’abord consistera à faire taire la plupart des connotations antérieures du métaterme pour en imposer un sens univoque quasi-formel. Ainsi par exemple, les termes PROTASE et APODOSE pourront être utilisés, à l’exclusion de tout autre sens ou connotation, pour désigner le membre de phrase apparaissant avant ou après un marqueur linguistique dans la linéarisation sans égard pour l’énonciateur émettant les portions d’énoncés en cause, mais compte tenu du fait que la triade PROTASE-MARQUEUR-APODOSE forme probablement une unité régie par des liens spécifiques de repérage (cf Laurendeau 1989).

Le PASSAGE DIALECTIQUE amène à réinvestir les concepts portés par les métatermes en les pensant par couples dialectiquement compénétrés ANAPHORE/CATAPHORE (terme sursumant: DIAPHORE), HYPOTAXE/PARATAXE (terme sursumant: ANATAXE), PRÉDICATION/ÉNONCIATION (terme sursumant: REPÉRAGE), etc. Chacun de ces concepts est relié dialectiquement au concept auquel il s’oppose. Très schématiquement cela signifie: 1 – qu’il est son contraire en même temps que lui-même (le MONOLOGUE est DIALOGUE, le DIALOGUE est MONOLOGUE, c’est là la base de toute théorie énonciative – cf. Culioli 1967: 66b, 1971: 72), 2 – qu’il se transforme constamment en son contraire (l’ANAPHORE devient CATAPHORE et vice-versa).  De plus chacun de ces concepts est en relation dialectique avec le reste de la théorie, en cela la théorie, dans le lent mouvement où elle se construit, se veut le reflet tendanciel le plus fidèle et le plus calibré du mouvement de l’objet.

L’INTRICATION dialectique finalement va permettre de mettre chacun des métatermes réinvestis au service des opérations qu’il conceptualise.

« En effet, le risque est présent d’utiliser les opérations telles qu’elles ont été définies par Culioli comme des étiquettes, ce qui reviendrait en fin de compte à retomber dans une démarche classificatoire d’un type nouveau. Nous chercherons à montrer ci-après que l’on ne peut mettre en évidence ces correspondances entre marqueurs et opérations qu’en étudiant le fonctionnement de ces marqueurs du niveau des énoncés. »  (Paillard 1983: 31)

C’est donc sous la pression de la complexité de l’empirique que chaque opération décrite par un métaterme sera pensée comme une intrication d’opérations: une POLYOPÉRATION. Le concept de POLYOPÉRATION et l’intrication qu’il implique sont décrits d’une façon, encore une fois, remarquablement matérialiste, par Grize et son équipe:

« Il peut arriver qu’une opération, abstraite ou concrète, produise un résultat qu’il est possible d’analyser en plusieurs composantes dont aucune cependant ne peut se présenter seule.  Nous parlons alors de polyopération.  Admettons, par exemple, que passer un pinceau chargé de couleur soit une opération.  Il est impossible de ne pas produire en même temps un contour et une surface donnée. »

(Borel, Grize et Miéville 1983: 115)

EXEMPLE: LA POLYOPÉRATION DE DIAPHORE

Pour bien faire voir la teneur des proposition avancées ici, j’exploiterai maintenant un exemple qui devrait montrer comment un ajustement du métalangage dans le sens d’une approche matérialiste et dialectique approfondit la compréhension des phénomènes linguistiques en les serrant de plus près. Le corpus sera le suivant:

(1)  Nous utiliserons un banal objet. Sur la table devant toi il y a un porte-clef. Prends-le. Ce sera lui, l’objet de la démonstration.

A) LES MÉTATERMES HÉRITÉS: Il est habituel en linguistique de considérer que, dans un contexte comme (1), « le » construit une ANAPHORE renvoyant à « porte-clef » et « lui » construit une CATAPHORE renvoyant à « objet de la démonstration ». Ce couple d’opérations prospectives/rétrospectives ayant été dégagé au cours de l’évolution de la linguistique, la première observation que l’on fait est celle de la possibilité de généraliser le phénomène à des unités autres que des pronoms. Sans trop altérer le sens usuel de ces deux métatermes, on peut observer que « un banal objet » a aussi ici valeur CATAPHORIQUE (il annonce « porte-clef ») et que réciproquement « porte-clef » établit un rapport ANAPHORIQUE avec « un banal objet ». Déjà une sorte de dualité s’instaure entre les deux phénomènes. Le fait que « lui » cumule en fait une valeur ANAPHORIQUE et une valeur CATAPHORIQUE renforce cette sensation de dualisme.

B) PRISE EN CHARGE DE L’ANCRAGE MATÉRIEL DE L’ÉNONCÉ PAR LES MÉTATERMES: Une situation matérielle (fictive ici, ce qui est secondaire) impliquant au moins l’énonciateur de ce contexte, un co-énonciateur et quelques objets usuels préexiste à cet énoncé et le détermine. Ainsi « la table » est repérée immédiatement sans que la présence d’une table ne nous ait été annoncée par un énoncé du type « il y a une table » ou autrement. Il ya là aussi un type d’ANAPHORE, mais qui ne renvoit pas à quelque chose d’antérieur se trouvant dans le texte mais bien dans la situation. De la même façon, des actions succéderont à cet énoncé. Ainsi « la démonstration » fait CATAPHORE sur quelque chose à venir dans la situation.

La prise en charge théorique de l’ancrage matériel de l’énoncé fait donc apparaitre que l’opération de renvoi sur laquelle on réfléchit, rétrospective ou prospective, sera en plus soit EXOPHORE et renverra à du situationnel, soit ENDOPHORE et renverra à du contextuel. On observera que la métaphore émerge ici au coeur du métalangage puisque le texte est comparé à une masse matérielle dotée d’un intérieur (« endo ») et d’un extérieur (« exo »). De plus, ANAPHORE et CATAPHORE sortent altérés de cette analyse. Leur statut de POLYOPÉRATION commence à se dégager.

C) DIALECTISATION DES MÉTATERMES: On a donc affaire à une nouvelle dualité. On a des ANAPHORES et des CATAPHORES EXOPHORES (relevant de ce que Culioli nomme le domaine du BOUCLÉ) et des ANAPHORES et des CATAPHORES ENDOPHORES (relevant de ce que Culioli nomme le domaine du DROIT). On observe bien que d’un côté de la dualité on a du déictique renvoyant à du situationnel, et de l’autre on a du référentiel renvoyant à un substitut stabilisé cognitivement et « détaché ». Mais c’est justement la crise de la dualité (et de son pendant méthodologique: le binarisme) qui éclate ici.

Partons de l’opposition EXOPHORE/ENDOPHORE et prenons les renvois les plus clairement ENDOPHORES: l’ANAPHORE portée par « le » dans « prend-le » et la CATAPHORE portée par « lui » dans « ce sera lui ». Force est soudain de constater que « le » et « lui » renvoient autant au porte-clef effectif que l’on demande au co-énonciateur de prendre en situation de discours cursif qu’au « porte-clef » défini comme « objet banal » et à définir comme « objet de la démonstration » du texte. De la même façon, si on prend les deux renvois les plus nettement EXOPHORES: « la table » renvoyant directement à la table empirique qui se trouve dans la situation de co-énonciation et « la démonstration » renvoyant à une action à venir. Le fait est que ces deux unités font aussi partie intégrante du récit en cours d’élaboration et relèvent de plein pied du plan ENDOPHORE. La dialectisation est en cours quand on prend conscience du fait qu’EXOPHORE et ENDOPHORE passent l’un dans l’autre et se compénètrent.

Toutes les oppositions de métatermes étant à dé-binariser et à dialectiser de cette façon, on se voit obligé de revenir à l’opposition ANAPHORE/CATAPHORE (au plan EXOPHORE d’abord). « La table » renvoit ANAPHORIQUEMENT à un objet qui pré-existe mais aussi co-existe et succède à l’énoncé. L’ANAPHORE est certainement aussi CATAPHORE. Qu’on compare simplement avec un énoncé où on dirait: « Va dans la pièce voisine. Tu y verra une table avec un porte-clef dessus ». D’autre part, « la démonstration » appelle CATAPHORIQUEMENT une action alors que celle-ci est probablement en fait déjà en cours. En discours cursif, ANAPHORE et CATAPHORE EXOPHORES se nient mutuellement. En bonne dissymétrie dialectique, ANAPHORE et CATAPHORE établissent la dualité symétrique bien connue au plan ENDOPHORE, mais on observe aussi des phénomènes de cumul entre ANAPHORE et CATAPHORE (« lui ») ou encore entre l’un d’entre eux et un renvoi EXOPHORE (« le »). ANAPHORE et CATAPHORE ENDOPHORE tendent à fusionner. Les faits sont en fait encore plus complexe, mais je résume en me limitant au corpus que je me suis donné.

D) CONSTITUTION D’UN MÉTATERME SYNTHÉTISANT L’HYPOTHESE AVANCÉE: La réflexion dialectique fait sentir combien chacun des pôle des contradictions s’avère être son contraire et passer en lui. L’opération initiale de renvoi se révèle une POLYOPÉRATION et ce nouveau degré de complexité porte en lui critiques et questionnements. On observe de plus que certains renvois EXOPHORES sont probablement ni ANAPHORIQUES ni CATAPHORIQUES (« toi », « nous ») et que certaines unités qu’on ne verrait pas à priori marquer un renvoi s’avèrent en fait en assurer un ANAPHORIQUE ou CATAPHORIQUE (les meilleurs exemples sont les deux occurences de « objet »). On ressent alors le besoin d’un métaterme sursumant, qui chapautera tout le système d’oppositions dégagées et en même temps fournira le troisième terme résultant de cette polarisation dialectique. En observant l’évolution allant de « un banal objet » passant par « un porte-clef » et débouchant (provisoirement) sur « l’objet de la démonstration », le concept de DIAPHORE s’impose. On retrouve alors un métaterme hérité – tout comme ANAPHORE et CATAPHORE – de la rhétorique, où il désignait cette insensible altération sémantique d’un terme au fil de sa récurrence dans un texte. On remarquera au passage la métaphore, puisque ce métaterme vient de deux mots grecs signifiant « porter à travers ». Une figure simple résume alors les acquis métalinguistiques :

DIAPHORE

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EXOPHORE <——————->   ENDOPHORE

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ANAPHORE <—->  CATAPHORE ANAPHORE  <—->  CATAPHORE

(DÉIXIS DIALECTISÉE)                 (RÉFÉRENCE DIALECTISÉE)

On aura compris que cette arborescence a statut de TYPOLOGIE FAIBLE et ne doit pas occulter les deux aspects saillants de ce petit système métalinguistique: compénétration/lutte des métatermes contraires et dissymétrie du rapport BOUCLÉ/DROIT. Mais surtout, on observe qu’une hypothèse complexe s’ébauche à propos de la relation entre DÉIXIS et RÉFÉRENCE autour de la question du renvoi comme POLYOPÉRATION. On est amené au coeur de la tension entre interaction co-énonciative et représentation cognitive dans le langage. Un système métalinguistique mouvant et dissymétrique s’est instauré et l’on peut maintenant élargir le corpus… et commencer à subvertir le cadre.

L’ANALOGON du réel dans le langage est l’hypothèse matérialiste (à subvertir dialectiquement) qui surdétermine ce type de construit théorique, pauvre en formalisme mais riche en concrétude. Ainsi, la polyopération de DIAPHORE tient à la fois des opérations praxiques d’ancrage (EXOPHORE), d’ enboîtement (ANAPHORE/CATAPHORE) et de façonnement (ENDOPHORE).

Ce sont, à mon sens, des hypothèses de plus en plus poussées dans le sens d’une telle mimésis du réel qui amènent la théorie des repérages énonciatifs dans ses développements récents à se tourner vers des modèles comme la topologie pour y rechercher les fondements théoriques de la description. De fait, conformément à l’approche de Culioli dans sa radicalisation matérialiste, l’interaction énonciative peut-être représentée sous forme de topologie qualitative comme par exemple un superposition de plaques ou de plans. Certains de ces plans ont des configurations qui se dégagent directement de la situation d’énonciation, ils sont « donnés » ou préconstruits (le domaine du BOUCLÉ en général), d’autres sont le produit d’une transposition, ils sont construits (le domaine du DROIT). Ils ont des intérieurs, des frontières et des extérieurs.  On les rompt, les jouxte les uns aux autres, les coulisse, les intrique. On les parcourt (PARCOURS LISSE, PARCOURS RUGUEUX). Parfois ils se plient en cônes (création d’un CENTRE ATTRACTEUR) ou en cônes inversés (dévidement du DOMAINE). On ne les considérera souvent que de profil (droite) et dans un mouvement (topologie aspectuo-temporelle).  Ces explorations formelles, souples et fécondes, stimulent la réflexion dans un sens matérialiste et dialectique.  Il ne faut pas y deviner, encore une fois, des réductions ou des conventions mais une batterie d’hypothèses implicites synthétisées dans le métalangage en élaboration.
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